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Nicolas Delobel Allégorie de la réunion de la Lorraine à la France sous le ministère du cardinal de Fleury

Nicolas Delobel (1693, Paris – 1763, Paris)
1737
Huile sur toile
H. 145,8 ; l. 113 cm
Nancy, Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain,
inv. D.5232
Dépôt de l’État, 1958

Après avoir été élève de Bon et Louis de Boullogne puis pensionnaire du roi à Rome, Nicolas Delobel entre à l’Académie royale en 1734. S’il est jugé sévèrement par Mariette qui le considère comme un génie froid sans aucune couleur, le peintre reçoit néanmoins plusieurs commandes royales. Cinq mois après qu’ait eu lieu à Nancy la cérémonie de cession de la Lorraine à la France (le 21 mars 1737), Delobel présente au Salon l’esquisse du tableau qui lui a été commandé par le roi pour célébrer l’évènement (aujourd’hui conservée au musée des Beaux-Arts de Nancy). Un autre tableau réalisé par Michel-François Dandré-Bardon et intitulé « Un sujet allégorique sur la paix » est accroché aux cimaises (aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Marseille). Évoquant la Paix de Vienne, il développe une composition assez similaire célébrant l’action pacificatrice de la politique du cardinal de Fleury.

L’année suivante, le tableau achevé de Delobel, mesurant cinq pieds de haut sur quatre de large, apparait dans le livret du Salon sous le n° 46 en tant que « Sujet allégorique de la réunion de la Lorraine à la France sous le règne de Louis XV et le Ministère de S.E. Mgr le Cal de Fleury ». Le livret contient également une longue description de l’œuvre permettant d’expliciter les allégories représentées. Au premier plan à gauche, la France et la Lorraine se donnent la main en signe d’union sous les yeux de la Paix qui tient en ses mains un rameau d’olivier et désigne le temple de la Concorde. Au centre, l’Équité, tenant un niveau et une balance, soutient le portrait du cardinal de Fleury, placé au centre de la composition et appuyé sur le livre des lois. Elle foule aux pieds une figure réunissant tous les vices tandis que la figure de l’Histoire transcrit sur le livre de la postérité : La Lorrainne Réünie à la France 1737. Au dessus de l’Équité, un génie allie les blasons de la France et de la Lorraine alors que dans la partie supérieure gauche, l’Abondance, déversant ses bienfaits, demande aux deux Parques de longs jours pour le cardinal.

La description est suivie d’une ode extrêmement élogieuse de Claude-Etienne Bourdot de Richebourg dédiée à Fleury : « Sage ministre de la France, Modèle des héros parfaits, Toi par qui l’Europe calmée, N’est plus désormais allarmée ». Le 6 décembre 1738, la composition est gravée par Charles-Nicolas Cochin père qui offre deux épreuves de son estampe à l’Académie. Puis le Mercure de France de 1739 nous apprend que le tableau fut présenté au cardinal de Fleury au mois de janvier qui l’offrit au contrôleur général des finances Philibert Orry. Le peintre fut payé 1500 livres le 25 mars puis, au mois de mai, l’œuvre fut placée dans le cabinet du roi qui s’en montrât satisfait, sans doute heureux de retrouver l’image de son ancien précepteur qui mourut quatre ans plus tard. On remarquera que Stanislas n’est absolument pas évoqué dans la composition, ce qui est extrêmement révélateur de la vision que porte la France sur l’évènement.

Pierre-Hippolyte Pénet

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  • Nicolas Delobel, Allégorie de la réunion de la Lorraine à la France sous le ministère du cardinal de Fleury, huile sur toile, 1737

    Nicolas Delobel, Allégorie de la réunion de la Lorraine à la France sous le ministère du cardinal de Fleury, huile sur toile, 1737