Partagez Lorraine ? Croix reliquaire d’Antoine Sarazin - Visitez le Musée lorrain à Nancy

Lorraine ? Croix reliquaire d’Antoine Sarazin

Lorraine ?
Or recouvert d’émail champlevé noir et opaque, perles de rivière
XVIIe siècle
H. 6 ; l. 2,6 ; P. 0,3 cm
Nancy, Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain,
inv. 3124.B.2
Don Grellet de la Deyte, 1936

Au cœur de la guerre de Trente Ans, la mort du roi Gustave II Adolphe de Suède, allié du roi de France, le 16 novembre 1633, engage Louis XIII à intervenir de manière directe dans le conflit dirigé contre l’Espagne. Voulant d’abord s’assurer de la Lorraine, dirigée par le turbulent Charles IV, le roi investit Nancy dans laquelle il fait son entrée le 25 septembre. Après l’abdication de Charles IV en 1634 et l’évasion rocambolesque de son frère Nicolas-François et de son épouse Claude, Louis XIII cherche alors à prendre le contrôle des dernières places lorraines qui lui résistent encore, à l’image de La Mothe que le maréchal de la Ferté est chargé de soumettre.

À l’intérieur de la forteresse, la résistance s’organise sous le commandement du gouverneur Antoine de Choiseul d’Isches et de son lieutenant Jean-Baptiste Sarazin de Germainvilliers. Le fils de ce dernier, Antoine, est désigné par le gouverneur pour commander le corps de garde extérieur puis est affecté au commandement du bastion Saint-Nicolas, le plus exposé aux tirs des batteries françaises. Après la reddition de la place le 27 juillet, il participe également au dernier siège de 1645 qui débouche sur la destruction de la forteresse rebelle ordonnée par le cardinal de Mazarin.

Cette croix reliquaire, offerte au musée en 1936 par un descendant d’Antoine Sarazin, passe pour avoir été portée par ce dernier durant les deux sièges auxquels il a participé. Décorée des symboles de la Passion du Christ sur ses deux faces en or recouvert d’émail champlevé noir et opaque, elle est censée contenir un fragment de la Vraie Croix. Ce type d’objet, qui se développe en Europe à la Renaissance, était porté près du corps, aussi bien par les femmes que par les hommes, afin de le protéger. Les croix pouvaient contenir une relique unique ou bien rassembler celles de plusieurs saints, ce qui leur conférait une forte valeur apotropaïque.

Pierre-Hippolyte Pénet

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