Partagez Potier d'étain actif à Nancy Plaques d'insculpation des potiers d'étain de Nancy - Visitez le Musée lorrain à Nancy

Potier d'étain actif à Nancy Plaques d'insculpation des potiers d'étain de Nancy

Potier d'étain actif à Nancy
1710
Étain
D. 13,5 cm
Nancy, Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain,
inv. 95.1788 et 95.1789
Fonds ancien

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, toutes les maisons de Lorraine possédaient des objets en étain, notamment des assiettes, des plats et des pichets. Parmi les centres de production les plus importants figuraient Toul, Metz et Nancy. En 1664, le duc Charles IV accepte que la vingtaine de potiers d'étain nancéiens s'érige en une communauté de métier dotée de statuts. L'instabilité politique de la Lorraine se ressent toutefois dans l'activité des potiers d'étain, ceux-ci se plaignant souvent d'abus et de malfaçons de leurs confrères. Les rares pièces conservées fabriquées à Nancy au XVIIe siècle montrent d'ailleurs que les potiers ont choisi d'utiliser un poinçon orné d'une fleur de lys, à l'image de la pratique courante dans les Trois-Évéchés.

L'arrivée de Léopold sur le trône de Lorraine incite toutefois ces artisans à constituer en 1708 une nouvelle communauté, dotée de règles plus strictes. Parmi les obligations les plus notables figure celle de la modification des signatures. L'étain fin (94 % d'étain et 6% de plomb) doit en effet être marqué d'une rose couronnée, l'étain de moitange (33 % d'étain) d'un marteau et l'étain commun d'une croix de Lorraine : cet emblème ducal remplace donc la fleur de lys, signe trop connoté de la domination française. Deux des trois plaques d'insculpation déposées au greffe de l'hôtel de ville de Nancy le 12 septembre 1710 sont conservées au Musée lorrain. Celles-ci présentent douze marques, toutes accompagnées de la date de 1710 et des initiales du potier. Ces documents exceptionnels, très rarement préservés, démontrent toutefois les paradoxes et les limites de cette refonte administrative : aucune de ces marques n'est en effet accompagnée explicitement du nom de son détenteur, ainsi que l'exigeait le règlement de 1708, rendant ainsi très limité le contrôle du travail des potiers.

Bertrand Bergbauer

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