Partagez Attribué à Jean-Baptiste Claudot Service du 15 mai 1766 à Saint-Roch - Visitez le Musée lorrain à Nancy

Attribué à Jean-Baptiste Claudot Service du 15 mai 1766 à Saint-Roch

Attribué à Jean-Baptiste Claudot (1733, Badonviller –
1805, Nancy)
1766
Huile sur toile
H. 128 ; l. 79,5 cm
Inscription : « Mausolée élevé pour le service funèbre que MM. Les juges consuls de Lorraine et Barrois ont fait célébrer le 15 mai 1766, en la paroisse St-Roch, pour le Roi Stanislas, leur bienfaiteur, sous le consulat de MM. Charpentier, Oudinot, Villiez, Pierrot, Aubert. »
Nancy, Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain,
inv. D.95.666
Dépôt du tribunal de commerce de Nancy, 1880

Après la mort et les funérailles de Stanislas à l’église Notre-Dame de Bonsecours, de nombreuses pompes funèbres furent commandées à sa mémoire par les différents corps constitués de Lorraine. Établie par ordonnance en 1597, la justice consulaire avait juridiction sur toutes les affaires ayant trait au commerce. À partir du règne de Stanislas qui leur octroya la somme de 40 000 livres, les juges consuls siégèrent dans l’hôtel de la Bourse des marchands construit en symétrie par rapport à l’hôtel de Beauvau-Craon, à l’emplacement de la demeure du célèbre graveur Jacques Callot. Ce trumeau de cheminée représente la pompe funèbre que les juges firent réaliser le 15 mai 1766 à la mémoire de leur bienfaiteur en l’église Saint-Roch (aujourd’hui détruite) qui se trouvait à l’angle des rues Saint-Dizier et Saint-Jean. Le service fut célébré par l’abbé de Grandchamps, grand doyen de la primatiale assisté par le père Petitjean, curé de Saint-Roch. L’abbé Coster fut chargé de prononcer l’oraison funèbre en présence du cardinal de Choiseul. Le corps consulaire assista à la cérémonie accompagné d’un très grand nombre de marchands de Nancy.

La décoration fut réalisée par le peintre Jean-Baptiste Claudot d’après des dessins de Jean Girardet. Claudot a vraisemblablement réalisé ce trumeau pour l’hôtel de la Bourse des marchands afin de commémorer l’évènement. L’ensemble de l’architecture de l’église disparaissait sous de nombreuses étoffes noires. Au fond du sanctuaire s’élevait le catafalque où étaient représentées au premier niveau les allégories de la Lorraine et du Barrois, reconnaissables à leurs écussons, en proie à la plus vive douleur. Au registre supérieur, la Religion, assise près d’un coussin sur lequel était posée la couronne royale, contemplait avec une grande tristesse le médaillon de Stanislas que lui présentait un putto tandis qu’un autre petit angelot apportait la couronne de l’immortalité. L’ensemble du monument, composé d’une grande pyramide en marbre noir, est très proche par sa composition et certains ornements du monument funéraire de Catherine Opalinska qui a très probablement servi de modèle. Sur les écoinçons, le discours général est complété par deux allégories illustrant les vertus du défunt, la Justice et la Prudence tandis que sous la voûte, la frise alterne dans les métopes le taureau emblématique de la famille Leszczynski et l’aigle de Pologne.

C’est dans cette même église Saint-Roch que Claudot réalisa également huit ans plus tard la décoration de la pompe funèbre du roi Louis XV, connue par une gravure de Collin. Ces deux œuvres constituent les seuls représentations que nous conservons de l’intérieur de l’église Saint-Roch, détruite en 1792.

Pierre-Hippolyte Pénet

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  • Attribué à Jean-Baptiste Claudot, Service funèbre du roi Stanislas le 15 mai 1766 à l’église Saint-Roch de Nancy, huile sur toile, 1766

    Attribué à Jean-Baptiste Claudot, Service funèbre du roi Stanislas le 15 mai 1766 à l’église Saint-Roch de Nancy, huile sur toile, 1766

  • Attribué à Jean-Baptiste Claudot, Service funèbre du roi Stanislas le 15 mai 1766 à l’église Saint-Roch de Nancy, 1766, détail

    Attribué à Jean-Baptiste Claudot, Service funèbre du roi Stanislas le 15 mai 1766 à l’église Saint-Roch de Nancy, 1766, détail