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Pierre de Blarru La Nancéide

Pierre de Blarru (1437, Paris – 1510, Saint-Dié-des-Vosges)
Début du XVIe siècle
Manuscrit sur papier, deux miniatures sur parchemin
H. 22 ; l. 13 cm ; 144 folios
Nancy, Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain,
inv. 95.1633
Don du Baron de Landres, 1871

Pierre de Blarru a longtemps vécu à Angers, où il étudia le droit et se fit une réputation de poète. Si l’on en croit Robert Gaguin, qui le présentait en 1470 comme un nouveau Virgile, il souhaitait « porter parmi les astres les hauts faits » du roi René d’Anjou. Par la suite, il a bien composé une grande épopée latine, mais à la gloire du petit-fils du roi, le duc de Lorraine René II. Il s’agit du Liber Nanceidos ou  Nancéide, qui célèbre en six chants et cinq mille vers la victoire de ce prince sur Charles le Téméraire, qui convoitait son héritage et qui, après trois ans de lutte, fut tué devant Nancy en janvier 1477. Blarru, qui avait eu l’occasion d’approcher René II à Angers, s’était mis à son service et l’avait suivi en Lorraine. C’est probablement à Saint-Dié, où il fut chanoine à partir des années 1490, qu’il conçut son ambitieux projet poétique. Il fut encouragé et des officiers de cour mirent à sa disposition des documents historiques.

Très lue au cours du XVIe siècle, la Nancéide contribua à transformer les faits relatés en une sorte de mythe fondateur d’un État lorrain moderne. Sa publication, envisagée seulement après la mort de l’auteur, fut confiée à Mathias Ringmann, un des maîtres du Gymnase vosgien. Il reçut en mars 1511 une subvention ducale pour la mener à bien, mais il décéda peu après. C’est finalement son collègue Jean Basin, exécuteur testamentaire de Blarru, qui fit imprimer l’œuvre à Saint-Nicolas-de-Port en 1518, après y avoir ajouté des prologues et notes marginales. Cette édition soignée, ornée de bois, bénéficia d’un gros tirage. Quant au manuscrit calligraphié et enluminé du Musée lorrain – le seul dont on dispose – il avait peut-être été entrepris en vue d’un hommage au prince, mais, de toute évidence, il eut une autre destination. Les nombreux ajouts interlinéaires qu’il comporte et son paratexte, plus fourni que celui de la version imprimée, montrent qu’il a servi de support pour le travail préparatoire à l’édition.

Alain Cullière

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  • Pierre de Blarru, La Nancéide, manuscrit orné de deux miniatures, 1er quart du XVIe siècle

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