Partagez Fonderies de Kaiserslautern, Allemagne Poteau-frontière de l’Empire allemand - Visitez le Musée lorrain à Nancy

Fonderies de Kaiserslautern, Allemagne Poteau-frontière de l’Empire allemand

1889
Fonte peinte
H. 229,5 ; l. 68 ; P. 26 cm
Inv : 75.1.7
Achat à M. Lacour, 1975

Dès la signature du traité de Francfort en 1871, l’Empire allemand s’empresse de marquer les territoires récemment gagnés au moyen de poteaux-frontière. L’objet a bien évidemment pour fonction de délimiter les nouvelles frontières, mais il va aussi devenir un symbole. Il rappelle la victoire allemande aux frontaliers français et attise leur humiliation et leur esprit de revanche. 4056 bornes sont disposées de la frontière luxembourgeoise jusqu’à la Suisse. On recense deux types de signalétique frontalière : de simples bornes en pierre qui visualisent la frontière aux endroits les moins fréquentés et les poteaux-frontière, plus imposants qui marquent les importants points de passage (cols, ponts, grands axes, etc.).

Au départ, le poteau-frontière est un simple poteau en bois, de section carrée et peint aux couleurs de chaque État sur deux faces. Mais ces éléments sont vulnérables, facilement dégradables et nombre d’entre eux subissent les outrages des revanchards français. Le poteau-frontière évolue avec l’arrivée de Guillaume II au pouvoir en 1888. En effet, l’année suivante, on annonce la production de 200 poteaux-frontière dans les fonderies de Kaiserslautern. Cette fois, il n’est plus mixte et impose le joug allemand avec la présence de l’aigle impériale à son sommet, affublé de l’inscription Deutsches Reich.

Le poteau présenté ici est donc un de ces poteaux de seconde génération, disposés à la toute fin des années 1880 ou au tout début des années 1890. Il marquait le passage entre Armaucourt et Manhoué, sans doute sur un pont traversant la Seille, élément topographique qui a servi à délimiter la frontière.

Avec la déclaration de guerre, la frustration prend fin, les troupes françaises jettent définitivement à bas le symbole. Rares sont les poteaux-frontière qui ont subsisté en Lorraine à l’issue du conflit. Ces objets sont donc aujourd’hui peu fréquents dans les collections publiques, c’est pourquoi l’exemplaire conservé au Musée lorrain peut être considéré comme un témoignage matériel historique précieux et remarquable.

imprimer Retour aux collections
  • Fonderies de Kaiserslautern, Allemagne, Poteau-frontière de l’Empire allemand, fonte peinte, 1889

    Fonderies de Kaiserslautern, Allemagne, Poteau-frontière de l’Empire allemand, fonte peinte, 1889